Dimanche 28 janvier 2007
Il y a eu l'hiver 54 et l'appel de l'abbé pierre. Il y aura désormais l'hiver 2006/2007 et les campements des Enfants de Don Quichotte.Une action médiatique forte, qui aura ouvert les yeux du Gouvernement sur la question des sans-abri et plus largement sur la question de la précarité des mal-logés en France.
Et pourtant, depuis 20 ans, les lois sur le logement se sont succédées.
Ainsi, la loi de 1998 sur la lutte contre les exclusions, qui prévoyait des commissions de médiation pour examiner les demandes d'HLM trop longtemps en souffrance, a été peu employée.
Mais une politique libérale n'a jamais conduit au progrès, au contraire, elle génère la précarité. Combien d'entre vous connaissent des difficultés à se loger, combien d'entre vous vivent dans des logements insalubres, combien d'entre vous n'ont jamais envisagé d'accéder à la propriété?
Il est plus que temps de mettre le logement au c?ur des politiques publiques. Oui au droit au logement opposable pour tous, mais à condition que l'Etat ne s'exonère pas de sa responsabilité en la matière.
Oui au droit au logement opposable, mais en donnant à tous les acteurs du logement les moyens de relever les défis.
Oui au droit au logement opposable, à condition de faire appliquer les dispositifs existants et notamment le principe de 20% de logements sociaux dans les communes, dont bon nombre de maires s'affranchissent.
Rien de bon ne peut se faire dans la précipitation. Rien de solide ne peut se faire sans concertation
Le logement est un élément central de la citoyenneté.
Mais dans une société de plus en plus instable, où le risque et la précarité se généralisent, la question du logement se pose aujourd?hui pour un nombre toujours plus grand de personnes et plus seulement pour les plus démunis.
On estime à 12 ou 13 millions le nombre de personnes en situation de vulnérabilité économique. 1,8 millions de personnes sont considérées comme mal logées. Des centaines de milliers de personnes sont sans domicile, dans des logements précaires ou sans autonomie (hébergement). On recense plus d?un million de demandeurs HLM.
Une difficulté d?accès croissante pour des ménages peu ou pas solvables. Le problème du logement en France n?est pas seulement une question de production de logements, mais aussi d?accès au logement.
Si le nombre de logements est insuffisant, leur accessibilité aux ménages défavorisés est également de plus en plus difficile alors que les facteurs d?exclusion, de précarité et de pauvreté se multiplient.
Le coût des loyers comme le poids relatif du logement dans le budget des ménages n?ont cessé d?augmenter ces vingt dernières années.
Si une partie du parc de logements privés mais aussi publics mis sur le marché ne trouve pas preneurs, c?est parce que bon nombre de ménages à la recherche d?un logement n?ont pas les ressources ou les garanties suffisantes.
Les appels de détresse lancés par l?Abbé Pierre sont tout aussi justifiés que dans les années cinquante, même s?ils n?induisent pas les mêmes solutions.
Le problème n?est donc pas tant de savoir précisément combien de personnes sont sans abri, mais de savoir que le nombre de sans abris ne cesse d?augmenter.
par Kamel Chibli
publié dans :
Politique nationale
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