Dimanche 26 novembre 2006
Il y a un an, les banlieues occupaient l'espace médiatique. Voitures qui brûlent, jeunes en fuite, police, hurlements, sirènes, peur, détresse...
Depuis, à travers les médias, les banlieues sont vues comme des endroits étranges, des no man's land, dirigés par des caïds sans foi ni loi.
A ce rythme, les mesures pour les banlieues devraient plus relever du Ministère des Affaires Etrangères, que de celui de l'Intérieur. Pourquoi, pendant qu'on y est, ne pas proposer à Monsieur Sarkozy de supprimer le Ministère de la ville pour ouvrir une ambassade dans tous les quartiers?
Les banlieues dérangent. Pour Monsieur Sarkozy et ses amis, il ne s'agit que d'un refuge de pauvres, de déshérités, de désespérés.
Tant qu'il n'y avait pas d'émeutes, on s'accommodait sans trop de mal de la situation en banlieue. Cependant, on a l'impression que les zones dites de non-droit, sont devenues des zones de non-devoir politique.
Il y en a assez. Assez de stigmatisation. Assez de provocation. Non, tous les habitants des banlieues ne sont pas des racailles, non la solution n'est pas le Karcher. Assez de renoncement et d'abandon.
Car il est bien là le problème. La banlieue a été abandonnée par la droite au pouvoir. Comment vivre sur un territoire où l'on retire les services publics, où l'on laisse partir en lambeau le tissu associatif et économique.
Qu'a fait le Gouvernement depuis 2002 pour ses quartiers sur la même période? Ils ont retiré la police de proximité qui avait réussi à installer un véritable dialogue, ils ont enterré les emplois jeunes qui faisaient vivre les quartiers et apportaient de réels services auprès des habitants, ils ont coupé les subventions aux associations.
La banlieue vaut bien mieux que cela. La banlieue c'est des tonnes de talents, des centaines de projets, de l'avenir et de l'envie. Ces talents, ces projets, il faut les soutenir, les accompagner, les aider à éclore.
Pour cela nous devons reconstruire la ville sur la ville, donner au quartier un nouveau cadre de vie. Nous devons y implanter des maisons de services publics de proximité.
Nous devons développer et optimiser la desserte de la banlieue par les transports en commun. Nous devons ouvrir la banlieue sur elle même et sur l'extérieur.
En bref, nous devons rallumer la flamme que la droite a éteinte.
Mais avant toute chose, nous devons affirmer haut et fort, tous ensemble que la banlieue est décidée à se faire entendre et à peser de tout son poids dans la campagne électorale.